Le 17 mars 2009, AGUAdeORO a été fondée à Genève. Nous sommes nés à un moment où le monde sortait lentement de l’une des crises financières les plus sévères du XXIe siècle. Ce n’était pas le moment le plus facile pour lancer une jeune Maison, en particulier une Maison fondée sur des principes exigeants et une vision différente de la joaillerie. Et pourtant, 17 ans plus tard, nous sommes toujours là, profondément reconnaissants.
Le chemin n’a jamais été simple. Au fil des années, le monde nous a rappelé à de nombreuses reprises sa fragilité. Nous avons poursuivi notre route à travers l’incertitude, les crises et l’instabilité, souvent hors de notre contrôle. Peut-être est-ce pour cela que notre conviction n’a cessé de se renforcer : la joaillerie n’a de sens que lorsqu’elle est guidée par une conscience.
Dès le début, nous avons choisi de travailler avec de l’or Fairtrade, en sachant que cette décision demanderait plus d’efforts, plus de rigueur et un coût plus élevé que les circuits conventionnels. Nous avons également fait le choix de défendre une vision de la joaillerie dans laquelle l’esthétique et l’éthique ne peuvent être dissociées. Dans un marché encore façonné par des récits simplifiés, nous continuons de penser que le mot « naturel » ne suffit pas à lui seul, en particulier lorsqu’il s’agit de diamants et de pierres de couleur. La véritable question est la suivante : quelles réalités humaines, sociales et environnementales se cachent derrière chaque matériau ?
Il y a aussi une réalité que nous ne pouvons plus ignorer : un cercle vicieux.
Cette question est aujourd’hui particulièrement urgente. En période de guerre, d’incertitude financière et de tensions géopolitiques, l’or est à nouveau perçu comme une valeur refuge. À mesure que son prix augmente, l’incitation à en extraire davantage augmente elle aussi. Les États cherchent à renforcer leurs réserves, les investisseurs accroissent leurs positions, la demande s’intensifie et l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement est sous pression. Dans ce contexte, l’exploitation minière artisanale et à petite échelle se développe également. Selon le World Gold Council, elle représente environ un cinquième de l’or nouvellement extrait. Si elle constitue une source de revenus pour de nombreuses communautés, une partie du secteur reste exposée à la pauvreté, à un encadrement insuffisant et à un manque de traçabilité, des conditions qui peuvent rendre certaines exploitations vulnérables à l’exploitation et aux réseaux criminels.
C’est là que la contradiction devient difficile à ignorer. L’or est associé à la stabilité, et pourtant certaines parties de sa chaîne d’approvisionnement peuvent être marquées par l’instabilité, l’illégalité et l’exploitation. Des organisations internationales telles qu’INTERPOL et l’UNODC ont à plusieurs reprises mis en garde contre les liens étroits entre l’exploitation aurifère illégale en Amérique latine, le crime organisé et le blanchiment d’argent. Dans certaines régions, l’or illicite est devenu l’une des économies criminelles les plus lucratives.
Le coût humain est tout aussi réel. L’UNICEF a documenté à Mbal, dans l’est du Cameroun, comment la ruée vers l’or a fait chuter la scolarisation de 323 à 159 élèves à la fin de l’année 2025. C’est un rappel saisissant que lorsque la pauvreté, un encadrement insuffisant et la pression liée à l’extraction des ressources convergent, le coût est le plus souvent supporté par les plus vulnérables.
C’est pourquoi, aujourd’hui plus que jamais, la transparence n’est pas un détail. C’est une responsabilité. La confiance dans l’or dépend non seulement de sa beauté ou de sa valeur, mais aussi de la crédibilité de la manière dont il est extrait, échangé et tracé. Elle dépend également de la capacité du client à comprendre, de manière claire et honnête, ce qui se cache derrière un bijou. C’est dans cet esprit que nous continuons à travailler avec de l’or Fairtrade certifié selon le système Fairtrade et soutenu en Suisse par Max Havelaar.
Avoir 17 ans ne consiste pas seulement à marquer une date. C’est un moment pour faire une pause, réfléchir et réaffirmer les principes qui ont façonné AGUAdeORO dès le premier jour. C’est un rappel qu’une autre manière de créer la joaillerie reste possible : une manière qui ne renonce ni à l’élégance ni à l’éthique ; une manière qui comprend que le luxe de demain ne sera pas défini uniquement par la rareté ou la valeur, mais aussi par la manière dont chaque création a vu le jour.
Merci à celles et ceux qui ont cru en AGUAdeORO dès le début. À celles et ceux qui nous ont accompagnés, et à ceux qui comprennent qu’un bijou est avant tout une prise de position, un geste d’amour et une forme de respect envers le monde.
Après 17 ans, nous sommes toujours là. Avec gratitude. Avec clarté. Et avec la même détermination qu’au premier jour : créer de la beauté tout en cherchant à réduire l’impact et à renforcer notre responsabilité.



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